Ego Or Not

Le enfants surdoués d'accord, mais les adultes ?

29 septembre 2006

Demande d'aide

Bonjour,

Ce message est un peu particulier car il s'adresse à mes lecteurs. Lorsque j'ai créé ce blog, j'avoue que je le faisais pour moi et que je ne pensais pas qu'il serait autant lu. Je n'affole pas les compteurs, beaucoup de sites internets sont beaucoup plus visités, mais je suis malgré tout étonné du nombre de lecteurs.

Autre chose, que je n'avais absolument pas prévu : les demandes d'aides, de soutien ou tout simplement de correspondance. J'ai reçu un nombre important de mails pour ce blog, dont une grande partie me demande du soutien. Et surtout me demande des solutions.

Malheureusement, mes réponses sont toujours un peu brutales dans le sens où je refuse d'aider moi-même ou de correspondre avec la personne. Et croyez bien que je le fais toujours avec un petit pincement au coeur, me sentant un peu coupable. Au moment où j'écris ces lignes, je me sens d'ailleurs un peu mal à l'aise. Mais je n'ai absolument aucune compétence pour aider qui que ce soit... et je trouve que la question ne doit jamais être prise à la légère. En conséquence je ne peux pas me permettre de jouer à l'apprenti sorcier. Il y a des gens dont c'est le métier, ce qui prouve la complexité de cette tache.

C'est pourquoi je vais faire une demande particulière. Parmi ceux qui me lisent, si certains peuvent me donner des sites internets ou des liens qui peuvent rendre services à ceux qui se reconnaissent à travers les lignes que j'ai écrites, mais qui n'ont pas eu la chance d'avoir le soutien dont j'ai pu bénéficier.

Je les en serais gré.

Posté par EgoOrNot à 16:19 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

J'ai posté à ce sujet la semaine dernière. Il y a quelques liens à la fin (au cas où ça pourrait servir...) mais ça concerne plus les z'enfants :

http://serenitequilibre.canalblog.com/archives/2006/10/04/2831282.html

Posté par KaMaïa, 10 octobre 2006 à 21:31

des liens, des adresses...

egoOrnot,
je faisais un petit tour sur le blog, sachant que tu avais arrété depuis un moment, quelle bonne surprise!

Pour les adultes, il y a des fora qui peuvent aider :

http://douance.aceboard.fr/i-49648.htm http://www.precoces.org pour les principaux,

sinon en accompagnement personnalisé il faut voir avec l'ANPEIP, les psys qui font du suivi ou de la thérapie pour surdoués...

ou sinon il y a aussi ce site :
en belgique, il y a http://www.hpcoaching.be/
et en france :
http://www.cbp-presence.com
celui-là, je le connais bien, c'est le mien... ;-) et je ne rechigne jamais à donner des informations sur le sujet, si l'on m'en fait la demande...

au plaisir de te lire,
Angel

Posté par Angel, 22 novembre 2006 à 18:17

complexe de l'Albatros

bon ça va être long .. mais j'espère que ça aidera ...
LE PRISONNIER :
Il peut paraître banal de comparer l'Albatros du poète, piteusement empêtré dans ses grandes ailes blanches dès qu'il abandonne les hauteurs pour se mettre au niveau du commun des hommes, et l'enfant dit « surdoué", tellement gêné (pour ne pas dire « handicapé ») par sa haute intelligence qu’il doive parfois inhiber ses potentialités (rogner ses ailes) pour tenter de s'adapter à un système scolaire qu'il trouve souvent peu stimulant pour lui et se faire socialement accepter.
Pourtant, cette image prend un autre relief
- lorsque, d'une part on se réfère à Alice MILLER et son « pauvre enfant riche enfermé dans sa prison intérieure », et à GERAUD qui se demandait s’il fallait couper les ailes des jeunes sujets que l’on déclare géniaux et les condamner à cette prison qu'est la régression intellectuelle et mentale parce qu'ils avaient eu la chance de naître à un très haut degré d’intelligence,
- et lorsque, d'autre part, on sait que le mot « albatros » vient du vocable portugais « alcatraz » qui nous rappelle le célèbre pénitencier de San Francisco dont la réputation assurait que l’on ne pouvait s'en évader... Jusqu'au jour où trois condamnés à la réclusion à vie réussirent l'exploit de s'en échapper, ce qui condamna l’établissement. Toutes les chroniques se rapportant à ce fait-divers mentionnent que ces trois psychopathes, qualifiés de « surdoués » et même de « génies », avaient un quotient intellectuel très au-dessus de la moyenne. On ne les reverra jamais et on a même supposé qu’ils s’étaient fait refaire le visage et avaient changé d’identité !
Le surdoué qui s’inhibe ne cherche-t-il pas lui-même à se cacher et n’être point reconnu ? Et celui qui, au contraire, choisit d'assumer son intelligence, ne court-il pas le risque de sombrer peut-être un jour dans un état de dépersonnalisation psychotique équivalant lui aussi à une perte d'identité ?
LE SCEAU (SOT ?) DU SECRET :
Les travaux de Serge TISSERON et Claire DELASSUS, notamment, relient l'inhibition intellectuelle à la notion de secret.
Le secret est avant tout un savoir, savoir d'autant plus précieux qu'il ne doit pas être transmis. Cette fonction de rétention d'un savoir (et par là-même d'appropriation d'un pouvoir) que représente le secret (mot qui a d'ailleurs la même racine que sécrétion ou excrément) renvoie au caractère anal de l’inhibition intellectuelle.
Celui qui veut garder pour lui tous ses secrets, toutes ses pensées, est condamné au repli sur lui-même, à la mort sociale, voire réduit à l’enfermement de la psychose, tous dangers évolutifs qui guettent un enfant précoce en situation de désadaptation et de souffrance.
Ainsi, le secret, comme l'inhibition intellectuelle, revêtent-ils un aspect mortifère que l'on retrouve dans des expressions telles que « emporter son secret dans la tombe », « être muet comme une tombe », « enfouir un secret », etc. « Espérant une vie un peu douce, Antoine prit la résolution de couvrir son cerveau du suaire de la stupidité » écrit Martin PAGE dans son roman « Comment je suis devenu stupide ».
De même, l'expression « mettre au secret » nous renvoie à la notion de prison précédemment évoquée de façon métaphorique pour l'inhibition intellectuelle qui, comme l'emprisonnement, isole le sujet et appauvrit ou annule ses échanges avec le monde extérieur.
Quant au « sceau du secret », mais tout dépend comment on écrit « sceau » (sot ?), il nous renvoie le masque de pseudo-débilité que peut revêtir un surdoué inhibé : ainsi que le dit Molière dans Le dépit amoureux « un sot qui ne dit mot ne se distingue pas d'un savant qui se tait ».
Sans transition, passons de Molière à Hergé et parcourons avec Serge TISSERON « Les Aventures de Tintin ». En caricaturant un peu, c'est le cas de le dire, le Capitaine Haddock nous fournit un bon exemple de la psychopathologie du secret : troubles caractériels, éthylisme, pulsions suicidaires et meurtrières, etc. Une fois le secret de sa filiation élucidé (cf. "Le Secret de la Licorne" et "Le Trésor de Rackham le Rouge"), il ira beaucoup mieux.
TISSERON émet l'hypothèse que le Professeur Tournesol a probablement été, pendant l'enfance, confronté à un secret indicible. Ayant perçu que la recherche de la vérité lui était définitivement interdite, il aurait sublimé dans le domaine de la recherche scientifique où la quête de la vérité devient légitimée. Timide, introverti, docile, fantaisiste mais génial, il est devenu hermétique à toute autre vérité que la sienne par une surdité qui est, somme toute, un moyen comme un autre de se défendre.
Quant à Tintin, qui décrypte (sort de la tombe) avec brio toutes les énigmes, s'il n'est pas intellectuellement inhibé, c'est au prix d'un renoncement à une grande partie de son affectivité, n'ayant ni vie amoureuse ni enfant.
Nous ne nous attarderons pas sur les Dupont (d) qui prouvent combien la bêtise, je dirais même plus, la folie, peuvent parfois servir de paravents protecteurs.
Mais revenons aux enfants surintelligents. Peut-on parler de liberté (puisque c'est de cela qu'il s'agit) lorsqu'ils se trouvent réduits à choisir entre deux souffrances ? Ou bien faire pénitence et purger leur peine (au sens affectif du terme) à perpétuité, en renonçant à leurs potentialités et en développant un sentiment de frustration. Ou bien tenter de s'évader, de fuir dans la solitude, la psychose ou le suicide, de se désolidariser de leur milieu, et de paver leur pseudo-liberté au prix de la marginalisation et de la culpabilité. S'adapter ou être exclu.
L'INHIBITION INTELLECTUELLE :
Pour KIERKEGAARD, « l'apprentissage véritable de l'angoisse est le suprême savoir ». Des enfants doués, riches de potentialités intellectuelles et créatives, ne réussissent pas. Il s'agit là, en apparence, d'un paradoxe qui interroge, même s'il ne concerne qu'une relativement faible population d'enfants. Ils ne réussissent pas et ils souffrent. Il est dit dans L’Ecclesiaste que « qui accroît sa science, accroît sa douleur ». Et vice versa pourrait-on ajouter. « L'indolent » (qui ne souffre pas par définition) devient « maladroit et honteux ». Cette souffrance est parfois telle qu'il devient vital pour eux de renoncer à l'exercice de leur intelligence. C'est l'inhibition intellectuelle.
Il ne s'agit pas là d'une perte définitive du potentiel, d'une « lampe qui s'éteint », comme on peut le voir par exemple dans les états démentiels, mais d'une simple « baisse de tension » avec déficit momentané et récupérable de l'efficience.
En 1984, nous avons soutenu une thèse de Médecine sur les enfants intellectuellement précoces. Notre travail avait pour cadre un internat Médico-pédagogique d'Aquitaine où, sur 600 enfants admis entre 1958 et 1976, 145 avaient un quotient intellectuel supérieur ou égal à 130. Près de 65 % d'entre eux présentaient une inhibition intellectuelle responsable de difficultés scolaires avec retards parfois conséquents.
Pour en mesurer l'importance, le Docteur PRAT, Fondatrice de l'établissement, avait établi 3 courbes :
- la première, en forme de courbe de GAUSS, concerne une population scolaire traditionnelle,
- la seconde reproduit la répartition des quotients présentés lors de l'admission par l'échantillon de 145 enfants,
- la troisième situe les quotients présentés à la sortie par ces mêmes enfants après un séjour moyen de 2 ans.



Si nous comparons ces 3 courbes, nous observons que :
- la courbe 3 est nettement déplacée vers les gros quotients par rapport à la courbe 1,
- la courbe 3, par rapport à la courbe 2, reprend l'allure d'une courbe de GAUSS,
- entre les courbes 2 et 3 existe une zone importante (hachurée) correspondant à des enfants
considérés à l'entrée comme d'intelligence moyenne ou même médiocre, alors qu'il s'agissait en réalité
d'enfants ayant une intelligence brillante ou supérieure. Leur existence était en quelque sorte « masquée » par l'inhibition intellectuelle que ce graphique permet de visualiser.
Car, et c'est ce qui est surprenant, l'inhibition intellectuelle, qu'elle soit globale ou en secteur, peut se lever aussi brutalement qu'elle s'installe et ceci engage la responsabilité des enseignants, éducateurs et thérapeutes amenés à s'occuper de ces enfants. En prenant quelques exemples tirés de notre étude, nous pouvons constater que les écarts observés entre les quotients présentés à l'entrée et ceux obtenus à la sortie sont parfois considérables :
- Yoann Q.I. de 119 à l'entrée, de 178 à la sortie = + 59 en deux ans de séjour ! « S'est bougrement bien défendu » écrivait le médecin qui nous confiait cet enfant. Défendu oui, mais à quel prix ?
- Franck de 88 à 137, soit + 49 en trois ans de séjour. Considéré comme arriéré à l'école primaire, son institutrice disait de lui « de toutes façons, il ne fera jamais d'études secondaires ». Il est devenu électrotechnicien et gérant d'une société de télématique.
- Elisabeth : de 101 à 140, soit + 39 en deux ans. Dès l'entrée à l'école, elle est apparue comme incompréhensible à ses maîtres et nous était adressée pour « obtusion intellectuelle ». Elle obtiendra un DEUG de Lettres Modernes.
- Lionel : de 119 à 151 (+ 32). A son admission, il vient d'échouer à l'entrée en 6ème. « Peu de moyens » disait-on de lui. Au bout de deux ans, il sera admis en 4ème .
- Patricia : de 106 à 136 (+ 30) en neuf mois de séjour seulement. Sa mère cachait les livres car elle les lisait tous. « J'ai enfin trouvé mon milieu » dira-t-elle.
- Jean-Michel : à son admission, son Q.I. n'est pas chiffrable et il a au moins trois ans de retard scolaire. A sa sortie, son Q.I. est de 132 et son niveau scolaire normal. A six ans, il était considéré comme « un peu crétin », à neuf ans comme « arriéré » et il suivait des cours dans un foyer de l'enfance inadaptée avec des résultats catastrophiques. Il confiera : « je croyais que j'étais comme un pneu crevé ; je m'aperçois que je n'étais que dégonflé ! » Il décrochera un Bac Technique et sera agent commercial.
Nous pourrions ainsi multiplier les exemples, mais nous nous attacherons plus précisément ici à analyser le contexte social qui, en amont, pousse l'enfant à être l'acteur de cette inhibition, ce contexte social, égalitaire et castrateur, qui confond volontiers égalité et équité.
Il n'y a que deux façons de fuir une castration venue du dehors : maîtriser ce dehors ou se l'infliger soi-même. Le dilemme est là : se méfier de l'Amour ou se méfier du Savoir, ce Savoir, fruit défendu de l'arbre de la connaissance que le livre de la Genèse nous recommande de ne pas manger. C'est à ces niveaux que nous situerons les deux pôles, passif et actif, subi et agi, de la souffrance de l'enfant surdoué, c'est-à-dire l'enfant face au corps social et l'enfant face à lui-même.
L'OSTRACISME SOCIAL :
Non seulement « personne ne songe à plaindre les gens intelligents » (Martin PAGE), mais encore le milieu (familial, scolaire, social en général) exerce une sournoise prégnance sur l'enfant intellectuellement précoce. Dans notre expérience, moins de 1% des parents reconnaissaient l'intelligence supérieure de leur enfant. Les enseignants, non formés ou non informés sur ces questions, ne les identifient généralement pas. Le système pédagogique lui-même, égalitaire et standardisé, est injuste au sens de la véritable équité. Ainsi que le dit SEVE : « une véritable égalité des chances de développement intellectuel entre des enfants inégaux exige un enseignement lui-même inégal selon les individus, adapté à chaque cas pour être efficacement compensateur ». Alors peut-être faudrait-il donner aux enseignants les moyens, non pas d'apporter au maximum de leurs élèves un niveau minimum nécessaire et suffisant, mais de tous les aider, surdoués ou non, à utiliser au mieux leurs potentialités. Dans un milieu scolaire inapte à satisfaire sa faim d'apprentissages et sa soif de connaissances, l'enfant va devenir distrait, rêveur (internalisation des conflits) ou au contraire turbulent (externalisation, agir faute de dire) pour se défendre contre l'ennui d'un environnement peu stimulant pour lui.
A cela se superpose ce que Jean-Charles TERRASSIER nomme « l'effet Pygmalion négatif » : le maître, ignorant la précocité intellectuelle de l'élève, attend de lui une efficience scolaire moyenne, bien inférieure à ses possibilités. Le préjugé du maître constitue là un frein majeur à l'expression du potentiel de l'enfant. Cet effet Pygmalion négatif peut également être d'origine familiale ou sociale et présente en outre une dimension interne : « dans la mesure où l'enfant élabore une représentation de Soi en partie en se fondant sur l'image de lui-même que lui renvoie un environnement inapte à identifier ses possibilités, il lui sera très difficile de se découvrir et de s'assumer précoce ».
La Société en général exerce un véritable ostracisme vis-à-vis des enfants surdoués. Cette exclusion du meilleur était, historiquement, une procédure en usage à Athènes permettant aux membres de l'ecclesia de bannir un homme dont on redoutait la puissance ou l'ambition. Cet ostracisme social est sans doute sous-tendu par ce que Robert PAGES appelle la « noophtonie », à savoir une rivalité envieuse et jalouse par rapport à l'intelligence d'autrui.
En renonçant à ses aptitudes intellectuelles, l'enfant essaie d'abord de se protéger contre l'incompréhension et la marginalisation. Il soigne en quelque sorte sa « dyssynchronie sociale », mais tente peut-être aussi de « resynchroniser » artificiellement intelligence et affectivité. Il se recrée un nouvel équilibre moteur, affectif et intellectuel par une série de contre-investissements (refoulement, répression) ne laissant aucune énergie disponible pour le fonctionnement intellectuel. « Il ne s'agit pas de renoncer à la raison gratuitement : le but est de participer à la vie en société... Après une étude minutieuse de mon cas, j'en ai déduit que mon inadaptation sociale vient de mon intelligence sulfurique » écrit encore Martin PAGE.
L’ANOREXIE INTELLECTUELLE :
Voyons à présent comment l'enfant réagit à cette absence de stimulations positives de son environnement qui crée les conditions d'un véritable phénomène de désafférentation sociale. De la défense intellectuallisée, il lui faut passer à l'intelligence défendue, interdite.
« Tu veux dire que tu as été stupide d'essayer d'être si intelligent et que devenir un peu stupide, c'est ça qui serait intelligent... » dit un personnage de Martin PAGE. Les enfants de quotient très élevé érigent en puissant système de défense l'intelligence et le savoir théorique. C'est l'intellectualisation, froide et rassurante, décrite par Anna FRELM. Elle leur évite, comme le précise Aaron CORIAT, de sombrer dans l'angoisse incontrôlée et la décompensation. Lorsque ces défenses deviennent insuffisantes, l'enfant peut en arriver à renoncer à ses aptitudes intellectuelles. D'autant que donner le même menu à tous les enfants conduit certains à l'indigestion alors que d'autres restent sur leur faim. Une trop grande inadéquation entre les apprentissages proposés d'une part, et l'appétit intellectuel et le rythme d'acquisition de l'enfant d'autre part, poussera ce dernier à inhiber ses potentialités pour s'adapter. Il devient « l'infirme qui volait » dépeint par BAUDELAIRE. Alors, intellectualiser ou s'inhiber ? Se défendre ou s'interdire ? Nous y reviendrons, mais la question n'est-elle pas au fond de savoir dans l'intelligence-refuge ce que cachent les mots, et dans le refus de l'intelligence ce que cache le silence ?
Il serait trop simple de penser que « le pauvre enfant riche » d'Alice NULER puisse, en s'inhibant, vérifier le dicton : « heureux les simples d'esprit ». D'autant que l'édification de sa « prison intérieure » pourra déborder l'intelligence pour venir perturber la maturation émotionnelle. Et elle pose la question : « l'adaptation s'accompagne-t-elle toujours de dépression ? »
Le sentiment de perte induit par ce renoncement ne s'applique pas aux facultés intellectuelles elles-mêmes considérées sous leur aspect fonctionnel, mais à l'intérêt que le sujet leur porte. Cette nostalgie témoigne bien d'un surinvestissement plutôt que d'un désinvestissement et certains auteurs en font une forme particulière « d'hypocondrie des intellectuels ». L'enfant situe son symptôme dans le domaine qui est le plus investi, et l'inhibition intellectuelle ne s'ajoute pas à la dépression, elle est la dépression.
En muselant l'expression de son intelligence, ce qui revient à un abandon du vrai Soi, l'enfant développe ce que l'on pourrait appeler une « anorexie intellectuelle », véritable équivalent dépressif, voire suicidaire, puisqu'il s'agit là d'un retournement agressif contre soi-même, d'une automutilation. Ce processus endogène actif, généré par les instances psychiques du sujet et qui reflète un besoin d'internalisation des conflits, conduit à une « paralysie intellectuelle » prenant le même aspect fonctionnel que les paralysies hystériques. Pour certains, il s'agit d'une véritable « attaque » intérieure contre l'intellect, source des malheurs du sujet. L'enfant passe ainsi d'une inadaptation créatrice à une adaptation régressive et morbide, d'une intelligence sidérante à une efficience sidérée pouvant prendre l'aspect d'une pseudo-débilité dans laquelle l'indicible pourrait prendre les traits de l'impensable. Il renonce, baisse les bras, replie piteusement ses ailes, mais son intelligence perdure, engourdie, tel un talent latent chez un talentueux transi. Robert PAGES parle de chômage cérébral et intellectuel. Cette « fossilisation » intellectuelle survient donc à chaque fois qu'une expérience douloureuse et pénible n'a pu être mise en mots, et surtout à chaque fois que ce vécu mortifère n'a pu trouver d'écho chez une autre personne. Le sujet évite de puiser dans ses potentialités qui demeurent. Ce n'est pas le puits qui est trop profond, c'est la corde qui est devenue trop courte. Une intelligence superficielle ne prémunit-elle pas contre les découvertes en profondeur ?
Dans un milieu éducatif adapté, empathique, et avec l'appoint éventuel d'une psychothérapie, l'enfant pourra réinvestir l'intellect et réutiliser ses facultés. Nous constatons alors, comme nous l'avons vu, une remontée parfois spectaculaire de la mesure du quotient intellectuel. Ce dernier n'indique donc que l'efficience du sujet au moment du test, son niveau véritable pouvant être bien au-delà de ce chiffre mais jamais en deçà. Le Q.I. réel d'un sujet est relativement stable, dans les limites de la détérioration physiologique qui nous concerne tous à partir de 25 ans environ. Ce qui peut par contre varier, c'est l'expression du potentiel qu'est le Q.I., à savoir l'efficience. Celle-ci sera maximale lorsqu'elle avoisinera le potentiel réel de l'enfant, mais elle pourra être abaissée en raison de divers facteurs dont l'existence, au moment du testing, d'une inhibition intellectuelle. Pour toutes ces raisons, l'évaluation du Q.I. devra servir l'enfant, en aucun cas le desservir, et surtout pas constituer l'unique indice d'un pronostic scolaire.
A ce point de la réflexion, il semble important de rappeler le « syndrome de dyssynchronie », déjà évoqué, décrit par Jean-Charles TERRASSIER et, en particulier, la dyssynchronie interne propre à l'enfant surdoué. L'anisauxie observée entre une intelligence très avancée et une relative immaturité affective ne permet pas à l'enfant d'assimiler de façon économique les nombreuses informations, souvent anxiogènes, auxquelles sa maturité intellectuelle lui donne accès. L'enfant lui-même ressent ce décalage inhérent, cette dysharmonie intrinsèque et il en résulte pour lui un sentiment « d'étrangèreté ». Il est « curieux », dans les deux sens du terme
Nous savons par notre pratique que l'intolérance de notre société et la rigidité de notre système éducatif peuvent entraîner, selon l'âge, le sexe et la personnalité de l'enfant des troubles pouvant aller de la simple anxiété jusqu'aux affections psychosomatiques, de difficultés névrotiques mineures jusqu'aux bouffées délirantes, des conduites addictives jusqu'à la psychopathie, de la dépression réactionnelle jusqu'au suicide. Martin PAGE écrit que « l'intelligence est un double mal : elle fait souffrir et personne ne songe à la considérer comme une maladie ». Ainsi que le disait FREUD, « de tous temps, ceux qui avaient quelque chose à dire et ne pouvaient le dire sans danger, se coiffèrent du bonnet du fou ». Toutefois, s'il ne faut pas considérer que le potentiel des enfants surintelligents se développe sans faille, il ne faut pas non plus penser qu'il s'agirait d'une forme psychopathologique de la personnalité de l'enfant. N'est pas forcément pathologique ce qui n'est pas dans la normalité statistique. Et, concernant l'inhibition intellectuelle, nous rejoignons Bernard GIBELLO pour la classer dans les « troubles intellectuels sans anomalie des contenants de pensée ».
Bien sûr, le système scolaire n'est pas toujours en cause, ou seul en cause dans la constitution de syndromes tels que l'inhibition intellectuelle chez les enfants surdoués. Interviennent également, ainsi que je l'évoquais précédemment, la structuration de la personnalité du sujet, les difficultés éventuelles de sa petite enfance, la qualité du lien précoce à la mère, l'environnement familial au sens large et sa dynamique, etc.
EXEMPLES CLINIQUES :
Parfois tout se mêle, comme dans l'histoire de Christophe, fils unique de parents vite divorcés. Lors de la grossesse, le diagnostic de sclérose en plaques est porté chez la mère. Le père, paranoïaque dépressif, estime être tombé dans un piège lors de son mariage et accuse ses beaux-parents d'avoir voulu se débarrasser de leur fille qui s'adonne à la boisson et devient violente. Six mois après l'accouchement, elle est internée pour troubles mentaux graves. Christophe, jusque là élevé par sa mère chez les parents de celle-ci, est confié à son père qui s'en occupe avec l'aide de la concierge de son immeuble ! Les grands-parents paternels prennent le relais six mois plus tard : la grand-mère a un double glaucome, le grand-père est parkinsonien et souffre d'un ramollissement cérébral ; il pleure lorsque son épouse corrige l'enfant, ce qui n'est pas rare. Isolés dans un petit village et handicapés par leurs infirmités respectives, ils interdisent à leur petit-fils de sortir de crainte d'un accident. A l'âge de 5 ans (nous sommes en mai 68), Christophe va régulièrement rendre visite à sa mère hospitalisée avec son père et assiste là à des scènes très pénibles. Lorsqu'on nous le confie, Christophe est panophobique : il a peur de l'eau, même celle de son bain, du noir, des voitures dans lesquelles il fait des malaises. Il a des terreurs nocturnes, des tendances obsessionnelles, est énurétique et encoprétique. Le père, alléguant que son fils, gaucher contrarié, a la même écriture que sa mère, craint qu'il ne devienne fou comme elle. Abandonnique, immature, en difficultés oedipiennes graves et malgré une inhibition intellectuelle, Christophe n'a pas de problème scolaire patent. L'inhibition levée à distance de ce milieu familial pathogène, il obtient un score de 166 aux tests. Adulte, il devient Agent Commercial à la Caisse d'Epargne mais reste en difficultés affectives, professionnelles, matérielles et même physiques puisqu' atteint d'une affection neuromusculaire. Malgré tout, il continue de se battre et consacre ses loisirs à la pratique de la boxe !
Jean-Louis n'a pas eu de chance dès le départ lui non plus. Sa mère ayant présenté des vomissements gravidiques, on lui administra de la Thalidomide. L'enfant naît avec de graves malformations au niveau des pieds et des mains où les chirurgiens lui confectionnent des pinces. La mère, très culpabilisée, se montre surprotectrice et par là-même inhibante. Jean-Louis refuse l'école et accuse un retard d'un an. En un an de séjour, il s'autonomise et comble son retard avec un quotient de 134. A sa sortie de l'établissement, ses parents l'inscrivent dans une école située à 50 mètres de leur domicile. Très vite, l'enfant demande à être replacé dans un internat. Dès son adolescence, il se passionne pour la montagne. Sa vocation est si forte que l'idée d'attendre la fin de ses études pour réaliser son rêve lui est insupportable et qu'il envisage même le suicide. Heureusement, il sera patient. Il est maintenant très épanoui, fait de la haute-montagne et a vaincu, entre autres, l'Everest !
La mère de François, fille d'un administrateur colonial, est enseignante à Hanoï. Elle épouse un officier et, très vite, François est conçu. Alors que la mère est enceinte de trois mois, le couple regagne la France, mais l'avion qui les rapatrie s'abîme en mer. Après plusieurs heures passées dans l'eau glaciale à se soutenir mutuellement, un bateau les repêche, mais le père succombe à une syncope sur le pont du navire qui vient de les sauver. François naît six mois plus tard. Sa mère, en mauvais termes avec ses parents et beaux-parents, doit reprendre son travail et confier son fils, à contrecœur, à une gardienne. Il a deux ans et elle ne le voit qu'une fois par semaine. Ne souffrant plus d'être séparée du seul lien affectif qui lui reste, elle le reprend avec elle et le « couve » jusque dans son propre lit. François devient énurétique et se révèle un véritable tyran domestique. Il présente des troubles importants du développement affectif, un repli narcissique face à une mère hyperprotectrice et une inhibition intellectuelle. Cette dernière levée, son efficience rejoindra le niveau de ses potentialités, à savoir 140, et il deviendra plus tard lui-même enseignant pour enfants en difficultés.
Pour illustrer l'anorexie intellectuelle, évoquons enfin le cas de Jacqueline chez qui le symbolisme oral foisonne. Hospitalisée de deux à six mois pour toxicose avec troubles digestifs graves, Jacqueline fera toujours l'objet de conduites rigides concernant l'alimentation de la part de parents très anxieux. Anxieuse elle-même, mal dans sa peau, très instable en classe, l'institutrice l'attache avec une ficelle à sa chaise et, trouvant qu'elle parle trop, lui met du sparadrap sur la bouche ! On lui reproche de lire trop vite et « d'avaler » la moitié des mots. Pas étonnant dans ces conditions que Jacqueline développe une inappétence scolaire et accuse un retard. Lors de son admission, elle présente une problématique anorexique sur tous les modes, y compris intellectuel, en réaction à une mère pathogène. Le seul « sevrage » maternel par le biais de l'internat lui permettra de réinvestir son intellect (Q.I. de 140) et de rattraper son retard, devenant quasi boulimique envers la scolarité : à tout hasard, note son instituteur, elle apprend tout par cœur. Plus tard, elle obtiendra un Bac C et une Licence de Chimie.
Tous les personnages et événements décrits dans ces courts-métrages ont réellement existé. Toute ressemblance avec les surdoués que vous côtoyez à la maison, dans vos classes ou vos cabinets serait bien entendu involontaire, en tout cas fortuite, et vraisemblablement abusive. Pas d'affolement donc...Faites attention quand même !
SE DÉFENDRE OU S'INTERDIRE ? :
Nous avons vu que s'inhiber intellectuellement pour un « surdoué », c'est se défendre. C'est aussi s'interdire, et si ces deux verbes peuvent paraître synonymes, ils recouvrent cependant des approches différentes. Pour parler d'interdiction, il faut faire appel à des concepts psychanalytiques que nous laissons aux spécialistes le soin de développer, mais dont nous allons essayer de dire quelques mots en nous référant essentiellement aux travaux de FREUD et de Mélanie KLEIN.
La soif de connaissance dérive de la curiosité sexuelle infantile et la culpabilisation de cette curiosité, et par là-même de toute tentative d'investigation, va entraîner des refoulements précoces pouvant altérer définitivement toute une catégorie de processus intellectuels.
Dans l'inhibition intellectuelle, les potentialités restent présentes, mais elles sont l'objet d'une limitation fonctionnelle générée par une interdiction du Surmoi. FREUD lui donne la valeur d'un mécanisme très général de défense visant, à l'origine, à maintenir les interdits sexuels. Ainsi, le Moi renonce-t-il à des fonctions qui sont à sa disposition pour ne pas rentrer en conflit tant avec le Ça qu'avec le Surmoi, l'assimilation ou 1'usage des connaissances prenant la signification d'une réalisation des désirs oedipiens de rivalité et de satisfaction libidinale. Il y a érotisation de la pensée qui est par là-même culpabilisée et inhibée. C'est ainsi que la culpabilité et la crainte de castration dues à une sexualisation de l'apprentissage provoquent fréquemment des échecs aux examens, la tête étant souvent investie, grâce au mécanisme de déplacement, d'une signification phallique.
On peut rappeler les écrits d'ABRAHAM, signalant le lien entre avidité intellectuelle et oralité et entre réticence, rétention et analité. L'ingestion de connaissances est aussi rapportée à la reviviscence d'un conflit oral mal dépassé rendant toute incorporation angoissante : c'est l'inhibition intellectuelle à ingérer (stade oral). L'inhibition intellectuelle à produire (stade anal) traduit souvent l'opposition devant les exigences de l'autorité, le refus du cadeau fécal (ne dit-on pas d'ailleurs vulgairement « pondre un devoir » ?). L'acte du don est inversé en une rétention pouvant être érotisée et revêtant le sens d'une frustration imposée à la mère.
A propos du renoncement de l'enfant surdoué à exploiter ses prodigieuses capacités, Mélanie KLEIN, par référence à la question du renoncement à la toute-puissance, situe le problème de l'inhibition intellectuelle par rapport à l'investissement narcissique, Beaucoup d'enfants se trouvent décontenancés (ne dit-on pas d'ailleurs « rester interdit » ?) de ne pas savoir lire ou écrire d'emblée, ou d'être incapables de résoudre un problème instantanément. Comme le souligne Bernard GIBELLO, à partir d'un certain niveau un effort devient nécessaire et ces enfants, n'ayant pas appris à apprendre tant tout était facile pour eux jusque là, ignorent la nécessité et la pratique de cet effort. Dans l'impossibilité de supporter la blessure narcissique de ce qu'ils considèrent déjà comme un échec sans avoir pu essayer de le surmonter, ils vont se réfugier dans des conduites de fuite variées. Ainsi, la nécessité d'intégrer des données nouvelles mettant en cause le fonctionnement intellectuel habituel du sujet, qu'il s'agisse d'un enfant ou d'un adulte d'ailleurs, peut-il constituer un danger pour le narcissisme et l'estime de Soi.
On comprend ainsi nombre d'inhibitions qui s'installent à des moments très variables la première fois que des enfants doués vont se trouver confrontés à leur première difficulté intellectuelle. Ayant pu maintenir leur fantasme de toute-puissance jusqu'à un certain stade de leur scolarité, ils se trouvent tout à coup désarmés par la nécessité de se remettre en question. Ajoutons que lorsque le narcissisme des parents est très impliqué dans la réussite de leur enfant, ce dernier risque d'intérioriser un Idéal du Moi inaccessible le mettant en position de blessure narcissique permanente.
LE RETOUR DE L'ENFANT PRODIGE :
Nous avons tenté de comprendre les tours et détours de l'enfant prodige et pour cela essayé de savoir, par le biais d'une étude longitudinale, ce qu’étaient devenus les 145 sujets déjà évoqués et dont les séjours étaient motivés par des difficultés psychoaffectives, comportementales, éducatives, scolaires ou psychosomatiques, voire par des troubles de la personnalité.
Les sujets ayant été retrouvés et ayant accepté de participer à un protocole de recherche (près d'une centaine), âgés de 20 à 41 ans, ont rempli un questionnaire standardisé, passé des tests d'intelligence et de personnalité et ont été reçus en entretien. L'analyse, encore partielle, des résultats, réalisée avec le concours du Professeur PAGES et de Madame VALLET, montre que ces sujets se particularisent par une vulnérabilité extrême : 65 % d'entre eux ont un passé ou un présent médico-psychologique chargé (troubles du sommeil, conduites addictives, hospitalisations répétées, dépressions, tentatives de suicide ... ). Le taux de mortalité par maladie, accident (parfois mal expliqué) ou suicide est anormalement élevé chez les hommes (2 à 3 fois supérieur à la moyenne nationale), surtout chez ceux dont le Q.I. dépasse 140.
Leur insertion sociale est difficile et souvent originale. Les plus brillants d'entre eux ont une sensation forte de marginalité, ou du moins le sentiment d'être différents des autres. Leur vie professionnelle présente une régression par rapport au statut professionnel global de leurs parents, et une modestie nette par rapport à ce à quoi ils auraient pu prétendre compte tenu de leurs dispositions intellectuelles. Les professions précaires ou peu courantes sont privilégiées. Ils semblent de plus être porteurs de valeurs qui les particularisent : pas de recherche de l'argent ni de la réussite sociale en général, valorisation par contre de la solitude, du temps libre, des loisirs, du retour à la nature et évitement de la routine et des contraintes hiérarchiques.
Le taux de nuptialité observé chez eux est plus bas que dans la population française moyenne de même âge, surtout chez les femmes. Celles-ci manifestent des difficultés aussi bien au niveau du choix d'un conjoint que pour mener à bien une vie de couple. Le taux de fécondité est anormalement bas, 3 fois moindre que les statistiques générales ne l'indiquent.
Les sujets les plus brillants (Q.I. supérieur ou égal à 140) se distinguent nettement des autres, ce qui permet d'esquisser un profil psychologique les concernant : tendance forte au pessimisme, au négativisme, vulnérabilité particulière sur le plan médico-psychologique, extrémisation des attitudes, sentiment important de marginalisation sociale, utilisation privilégiée du paradoxe et de la métaphore dans les réponses aux questions.
LA LETTRE DE MARIE :
A l'occasion de cette reprise de contact, une ancienne pensionnaire de l'établissement nous a adressé une lettre. Avec son autorisation, j'aimerais vous en livrer un large extrait, non pour les remerciements qu'elle adresse à ceux qui l'ont aidée, mais pour l'illustration qu'elle apporte à la souffrance que peuvent vivre certains enfants surintelligents.
Marie a présenté, enfant, une inhibition intellectuelle qui aurait pu passer inaperçue puisqu'à l'âge de 7 ans son Q.I. était de 132 ; trois ans plus tard, il atteignait 175.
Cette lettre, à elle seule, aurait pu constituer l'essence de cet exposé. Elle en reprend les thèmes essentiels avec infiniment plus de talent, c'est le cas de le dire, y ajoutant la dimension irremplaçable du vécu et de l'émotion.
« Bonjour ! J'ai reçu votre lettre cette semaine et j'ai eu peur. Peur, parce que justement je suis à un moment où je me pose des questions quant à mon devenir et que ce n'est pas aussi simple que ça. 27 ans, pas de diplôme, dans une société en redressement judiciaire qui, vraisemblablement, ne se relèvera pas. Et là, question : qu'est-ce que je vais faire ?
Bien sûr, je pourrais me dire : c'est ta faute, tu n'avais qu'à étudier. Mais non, je ne peux pas. Parce que au moment où j'étudiais, la seule question qui venait, c'était : je continue à vivre ou je quitte la galère ? Alors il va sans dire que me dire je veux être ceci ou cela, c'était impossible. L'intelligence n'est pas seule en cause. Il y a le milieu familial, l'école, les gens, la vie et ce moi génétique qu'il est difficile de comprendre quand on ne sait plus qu'on existe.
L'étude que vous avez entreprise est capitale pour moi j'en avais d'ailleurs parlé plusieurs fois. Je sais qu'il y a (pour moi) derrière cela un moyen de dire regardez à côté de quoi vous êtes passés, regardez ce que vous avez fait de moi ! Mais que suis-je ? Quelqu'un qui prend la vie à bras le corps en permanence. Quelqu'un qui jouit à pleins poumons de la profusion de splendeurs qui nous entourent. Quelqu'un qui veut vivre debout, en harmonie avec soi-même et les autres, qui a de grandes idées sur la justice, la paix, l'esthétisme, etc. Au bout du compte, c'est pas mal. Chaque jour qui passe me fait aller vers ce but, la quête de l'absolu j'ai un côté Chevalier de la Table Ronde.
Bien sûr, c'est pas tout rose. Mais pour en arriver là, mesurez-vous la souffrance à la limite du physique qu'il a fallu endurer ? Le goût du sang dans la bouche, les muscles qui se tordent et ne veulent pas retrouver leur position adéquate, ce trou au ventre, l'écrasement du corps en permanence et l'esprit qui déforme à loisir toutes choses en noirceur, putréfaction, vide et Mort. Et la peur ! Et le dégoût de soi ! Et cette pensée obsédante d'être là où on n'aurait pas dû être, là où personne ne veut que vous soyez. Et cette tête qui ne s'arrête jamais de décortiquer, d'analyser, de scruter, de supputer et de se planter lamentablement au bout du compte. La voilà la peur qu'a déclenchée la lettre, que la mémoire revienne, d'avoir à repenser à tout cela. Car j'ai encore peur. Je sais la fragilité de mon équilibre, mais il faut affronter pour dépasser. Cela fait seize ans que j'analyse les choses, les gens et moi (surtout). On me dit toujours : tu réfléchis trop. Non, car je ne cherche pas à réfléchir, ça se fait tout seul. Et puis est-ce que ça ne serait pas les autres qui ne réfléchiraient pas assez ?
Je ne cherche aucune satisfaction claironnante et personnelle dans le travail que vous menez. La seule chose qui m'intéresse, c'est que plus jamais on ne fasse subir à un enfant ce que j'ai subi (ainsi que d'autres, c'est certain). On ne peut pas laisser souffrir les gens comme ça et, là, on applique la non-assistance à personne en Danger. Et pourtant, le danger existe. Destruction de soi et la folie ! Parlons-en de cette distorsion de la réalité, et quand après des années passées à se taper la tête contre les murs, à se mordre, à se vomir, à boire, à se dégrader on s'en sort, on se dit : comment ai-je pu être comme ça ? Etait-ce bien moi ? Et là interviennent les témoins du passé. Parce que cette expérience vous a appris qu'il est une chose fondamentale dans la façon d'appréhender autrui, c'est de lui laisser toujours une chance de devenir, d'évoluer. Mais les yeux des autres restent rivés à ce qu'ils ont connu de vous sans vous laisser la moindre chance d'être ce que vous vivez. C'est un peu l'histoire du fou qui se prend pour un grain de blé et qui un jour dit : je suis guéri. Mais les poules le savent-elles ? Avec les humains, c'est autre chose. Vous, vous savez que vous êtes autre, et eux vous voient comme ils vous ont vu, sans chercher à savoir ce que vous êtes devenu.
Il n'est nullement question pour moi de m'appesantir sur mon sort, de pleurer sur moi, de me plaindre. Mais le mal est encore trop frais. Je suis encore trop marquée par ces années qui ont été si dures. C'est peut-être aussi un moyen de les faire sortir. De toutes façons, on ne peut pas revenir en arrière. Je ne suis pas responsable de ce qui m'est arrivé, mais je le serai si je ne fais rien pour aller au-delà.
A ce point de la réflexion, il est un élément très important que je voudrais voir éclaircir. Toute cette souffrance est liée pour une grande part à une sensibilité exacerbée. Mais quels rapports entretiennent l'intelligence et la sensibilité ? Ma sensibilité est tellement forte que je ne peux pas aller au cinéma tant les réactions sont violentes. Certains livres me font le même effet. Je ne vois pas la corrélation avec l'intelligence qui pourtant, à bien réfléchir, est, comme la sensibilité, quasi physique. En somme, peut-on être moins sensible ?
En dehors de tout ça, je vais bien. Mon jardin est splendide et c'est un plaisir immense pour moi de voir jour après jour apparaître puis exploser les bourgeons. Voir les feuilles grandir, changer de couleurs, devenir plus vigoureuses. Ça donne la paix à l'âme. Et puis les mésanges dans le prunier, les jacinthes sauvages qui embaument. Juste respirer l'air et tous les parfums qu'il charrie. Et écouter Miles DAVIS qui a les parfums du vent dans sa trompette, et lire Jorge AMADO qui a une écriture odorante, tactile, sonore, juteuse, sucrée comme si les mots dans les yeux faisaient sentir le goût dans la bouche d'une mangue mûre. C'est ça le génie, car il y a l'amour des êtres, de la terre, de la vie. Même les mots acérés, les encoignures littéraires de Jean GENET touchent à cette perfection naturelle.
Alors oui, je vis bien. J'irais même jusqu'à dire que je suis heureuse et que chaque jour qui passe me rend meilleure et mieux. Qu'est-ce que ça va être dans dix ans ? Le Paradis. J'ai la chance d'être moi, d'arriver progressivement à sentir en moi toutes les richesses et possibilités que j'ai tant refusées. Ces possibilités m'ont donné l’opportunité de rencontrer des gens extraordinaires. Si Dieu existe, il est grand. Mais si, comme je suis tentée de le penser, nous sommes Dieu, alors nous sommes grands, forts et beaux. Et la vie que je ne voulais pas, je la prends, je la vis, j'en jouis et je m'extasie. Et je vous dis merci à tous d'avoir pendant trois ans semé en moi ce qui m'a permis de survivre à ce calvaire, là certitude que vous m'aidez, que vous ne doutiez pas de moi. Lorsque je suis partie, j'ai tellement rêvé de revenir que c'est devenu mon jardin d'Eden.
La dernière fois que je suis venue, j'ai regardé les enfants derrière la fenêtre du hall. Ils me voyaient et je sais qu'ils pensaient : je voudrais être à sa place. Et ils ne pouvaient pas supposer que je voulais être à la leur. Aujourd'hui, je veux être à la mienne parce qu'il y a des choses que je veux faire que je ne pouvais pas faire à 8 ans et puis parce que, à ce jour, je suis une jeune femme de 27 ans qui sait que le passé est passé et que seul l'avenir compte. Et que si je ne devais avoir qu'un seul but dans la vie, ce serait à mon tour d'avoir des enfants. Maintenant j'ai le droit parce que j'ai accepté de grandir, et que je ne veux pas d'enfants pour m'assurer d'un quelconque amour. Non, je veux les assurer du mien, ce qui est très différent, et accomplir le cycle de la vie en la perpétuant pour que la vie continue à vivre...
Trois ans plus tard, dans un nouveau courrier, Marie nous apprend qu'elle attend un enfant...
ÉLÉMENTS DE PRISE EN CHARGE :
 Toutes ces considérations devraient questionner tous ceux (parents, enseignants, éducateurs, psychologues, médecins ... ) qui sont confrontés à ce type d'enfants, parfois sans le savoir, et au-delà d'eux le législateur. De leur prise en compte à leur prise en charge, notre souci doit être de réunir les conditions d'un douage harmonique leur permettant la réalisation de leur idiosyncrasie.
 Les enfants intellectuellement précoces présentent certaines caractéristiques et on a défini des critères plus ou moins subjectifs dont l'association peut permettre, pour un esprit averti et attentif, de les identifier :
- apprentissage précoce et rapide de la lecture avec richesse du vocabulaire,
- avidité pour la lecture, surtout des dictionnaires et encyclopédies,
- difficultés grapho -motrices fréquentes et répugnance pour l'écrit, la main ayant du
mal à suivre le rythme de la programmation mentale,
- tendance à avoir des camarades plus âgés et à aimer dialoguer avec les adultes,
- posent beaucoup de questions, notamment sur les origines de l'Univers,
- jugent volontiers les gens et de façon perspicace,
- sont très sensibles aux injustices,
- ont le sens de l'humour,
- ont horreur de la routine,
- aiment les jeux de stratégie compliqués,
- préfèrent travailler seuls.

 Il faut dire que ces enfants sont en général pénibles pour leur entourage ; ils n'arrêtent pas de poser des questions, le plus souvent pertinentes et parfois jugées impertinentes. En classe, ils sont rarement interrogés parce qu'ils savent tout et qu'il faut laisser répondre les autres. Ils apprennent plus vite ou savent déjà. Quand ils ne savent pas et interrogent, on leur répond la plupart du temps que cela ne fait pas partie du programme et qu'ils aborderont ce sujet dans quelques années... D'où l'ennui qui s'installe parallèlement au rejet. Progressivement, ils perdent tout plaisir à utiliser leur intelligence ou leur curiosité, ou refusent tout apprentissage.
 NIETZSCHE disait que « l'intelligence est un cheval fou ; il faut apprendre à lui tenir les rênes, à le nourrir de bonne avoine, à le nettoyer et parfois à utiliser la cravache ».
 L'attitude des parents, éducateurs, enseignants doit constituer un étayage au potentiel d'évolution de l'enfant sur tous les plans, et pas seulement intellectuel, et éviter les excès que sont le freinage ou la sur-stimulation. Ces enfants sont tels des arbres qui ne demandent qu'à s'épanouir en racines puissantes et ramifications nombreuses. Les freiner, ce serait vouloir en faire des bonsaïs en les mettant dans des pots trop petits, en taillant leurs racines et ligaturant leurs rameaux (cf. la castration), en ne les arrosant que très peu et en les sortant le moins possible. Et vous savez la fragilité des bonsaïs ! Les sur-stimuler est aussi nocif, un trop-plein d'engrais les brûlerait précocement. Il convient d'accompagner l'enfant dans une démarche active d'apprendre et de savoir, sans le priver du plaisir structurant de désirer et de réaliser son désir de manière différée. Il est nécessaire de ne pas lui mentir, de lui donner ou redonner confiance en lui et en l'adulte et de l'aider dans son apprentissage de la réalité, à savoir qu'il lui faudra surmonter d'inévitables frustrations, se confronter parfois à l'impossible et être rassuré par l'humble aveu de la non-omniscience de l'adulte.
 Dans ma pratique, enfants d'intelligence normale et enfants d'intelligence supérieure sont mélangés, en classe et en dehors des classes. C'est une préfiguration de leur future insertion sociale et ça se passe très bien ainsi. On observe d'ailleurs la plupart du temps une certaine solidarité des plus efficients envers les plus faibles. Ils les « tirent vers le haut » et tout le monde y gagne à une époque où l'on réentend parler du tutorat. Alors, classes spéciales ? Je ne sais pas. Il faudra sûrement encore quelques années avant d'avoir une évaluation complète des quelques classes-pilotes qui ont été créées, le plus souvent hélas dans le seul secteur privé. Elles ont le mérite d'avoir été un défi constructif qui suscitera, espérons-le, d'autres réponses pédagogiques.
 Sans aborder plus avant ici les approches pédagogiques ou éducatives, terminons par quelques notions générales de prise en charge thérapeutique quand, toutefois, elle est nécessaire. L'inhibition intellectuelle de l'enfant demande de la part du thérapeute une attitude active :
- il doit tout d'abord reconnaître l'inhibition, déterminer son champ d'incapacitation intellectuelle (global ou en secteurs), sa variabilité éventuelle en fonction de facteurs à déterminer et son retentissement sur le développement de l'enfant selon l'âge d'installation.
- il doit rechercher les facteurs déclenchants et les facteurs d'entretien tels que le rôle éventuellement inhibant du milieu familial et/ou scolaire.
- il doit évaluer également les bénéfices secondaires procurés par le symptôme.
- il doit enfin décider de la stratégie thérapeutique en concertation avec les partenaires environnementaux de l'enfant : simple déconditionnement du milieu familial et/ou scolaire traditionnel, psychothérapie de soutien, psychodrame, cure analytique, relaxation, thérapie familiale...
L'inhibition intellectuelle est un symptôme dont dépend l'équilibre évolutif de la personnalité et le pronostic social. Une psychothérapie permet de replacer la fonction intellectuelle dans la globalité de la dynamique psychique, de resituer son intrication avec la vie instinctuelle. La réadaptation scolaire sera d'autant plus facile que la prise en charge sera précoce, à un moment où le retard dans les apprentissages ne semble pas encore insurmontable et que le milieu scolaire sera informé, souple et tolérant.
CONCLUSION :
Pour résumer et pour conclure, on peut dire que, dans l'éducation aujourd'hui, le choix accordé au surdoué se résume souvent à la loi du tout ou rien : l'intellectualisation ou l'inhibition intellectuelle. Cette dernière est bien paradoxale, d'un côté système de défense à visée anti-dépressive, de l'autre véritable processus dépressiogène. S'inhiber, en effet, c'est développer un sentiment de frustration mettant en cause le narcissisme du sujet. Ne pas s'inhiber, c'est se désolidariser de son environnement et développer un sentiment de culpabilité.
Alors, il faut rendre la parole à l'enfant, lui donner la possibilité d'exprimer ses difficultés, de les mettre en mots. Plus que l'écouter, l'entendre et l'accompagner. Le prendre tel qu'il vient et lui permettre de montrer, d'épanouir et de solidifier tout ce qu'il y a en lui, non seulement d'intelligence mais aussi d'affectivité et de possibilités physiques. Tenter en quelque sorte de restaurer une harmonie. Pour cela il faut que l'enfant puisse bénéficier d'un milieu, qu'il soit familial, scolaire ou institutionnel, suffisamment solide pour qu'il se sente en sécurité et suffisamment souple pour qu'il se sente libre.
Grâce à un soutien bienveillant et actif, l'enfant-albatros ne doit plus se résigner à n'être que le jouet d'un système dont il est actuellement moins l'acteur que l'otage et moins le bénéficiaire que la victime. Et c'est à nous de décider si ce système doit être celui où il s'emmure ou celui où il se délivre.
La morale de « La légende de l'homme à la cervelle d'or » d'Alphonse DAUDET se termine ainsi : « Il y a de par le monde de pauvres gens qui sont condamnés à vivre de leur cerveau, et paient en bel or fin, avec leur moelle et leur substance, les moindres choses de la vie. C'est pour eux une douleur de chaque jour ; et puis quand ils sont las de souffrir... »
Je vous laisse sur ces points de suspension comme l'Albatros suspend son vol, et je vous remercie.

Posté par cat, 23 avril 2007 à 21:31

et un autre ... aussi long désolée

Traduction de "Misdiagnosis of the Gifted" by Lynne Azpeitia, M.A. and Mary Rocamora, M.A., published in Mensa Bulletin, November 1994
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Les adultes surdoués rencontrent de nombreux défis. L'un de ceux-ci est d'être correctement identifiés comme surdoués par les spécialistes et thérapeutes qu'ils consultent.
Ceux qui s'intéressent aux individus doués, talentueux et créatifs savent :
• que ceux-ci présentent une plus grande intensité et des niveaux de réaction plus élevés aux stimuli, sur les plans émotionnel, intellectuel, sensoriel, psychomoteur et de l'imagination.
• que ceci est une caractéristique normale de leur développement et pas une anomalie.
• que c'est justement parce que ces enfants et adultes doués ont une structure psychologique plus fine et une conscience plus organisée qu'ils ressentent la vie différemment et plus intensément que ceux qui les entourent.
Néanmoins, ces caractéristiques sont fréquemment perçues par leur entourage et par les psychothérapeutes comme des preuves de troubles mentaux, parce que la majorité de la population manque d'information sur cette facette de leur personnalité. La plupart des gens ne savent pas que ce qui est considéré comme normal pour les HP est le plus souvent qualifié de "névrose" dans la population en général; avec, comme résultat, que la personne douée est parfois émotionnellement vulnérable à une série de difficultés relationnelles à la maison, au travail, à l'école ou dans la société en général.
Très intenses et hypersensibles, les HP sont donc souvent mal diagnostiqués par des thérapeutes qui n'ont reçu aucune formation particulière à l'identification et au traitement de ces personnes présentant des caractéristiques de développement complexes et sophistiquées.
Le diagnostic thérapeutique fait fréquemment, mais erronément, mention de troubles de la personnalité ou de déficit d'attention. Maniaco-dépressif ou bipolaire, cyclothymique, narcissique, borderline, trouble du déficit d'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), ..., sont des termes cités régulièrement pour décrire ces stades de "désintégration positive".
Le résultat des ces erreurs de diagnostic peut parfois être bénin (l'adulte HP laissant tomber, parce qu'"incompris"), mais il peut aussi amener à des traitements qui tendent à invalider, voire à normaliser, le fonctionnement interne complexe de la personne douée. Quand celle-ci se voit prescrire une médication pour supprimer les "symptômes de la douance", le danger est grand de voir neutralisé ce formidable tourbillon intérieur, minimisant ainsi la potentialité de vivre une vie riche et pleine.
Pour l'adulte HP, le conflit intérieur est plus un signe de développement que de dégénérescence, parce qu'il l'amène à remplacer ses façons d'être et de penser par celles d'un niveau de développement supérieur. Ce type de désintégration positive se caractérise par une tension intérieure accrue entre ce qu'il est et ce qu'il pourrait être.
Cette tension dynamique est ce qui alimente la vie intérieure complexe de cette personne créative et fournit les moyens de la croissance et du développement. Tous les spécialistes qui ont affaire à une population douée doivent être familiers de ces processus internes de développement personnel, sous peine de causer de plus grand dommages psychologiques encore.
Avec un adulte HP, les éléments à évoquer sont :
• le stress interne d'être doué;
• le traumatisme émotionnel du développement rapide (dyssynchronie);
• les effets de l'introversion, de l'intensité, du perfectionnisme et de l'extraordinaire sensibilité à soi et aux autres;
• la reconnaissance des symptômes d'un engagement mental insuffisant;
• l'importance d'interactions avec d'autres personnes douées;
• et la canalisation et la focalisation sur cette abondance d'énergie physique, sensorielle, intellectuelle et émotionnelle.
Les défis relationnels particuliers que les individus, couples ou familles de surdoués rencontrent durant leur vie incluent :
• apprendre à interagir avec la majorité;
• gérer les attentes et les pressions pour se conformer à la norme;
• absorber l'hostilité inconsciente, le ressentiment, l'antagonisme ou le sabotage dirigés vers eux parce qu'ils sont perçus comme intellectuellement, créativement ou personnellement avantagés;
• tracer les limites pour l'utilisation ou l'exploitation de leurs capacités;
• collaborer avec les autres et gérer les dilemnes quotidiens impliquant la famille, les patrons, les collègues, les voisins, les thérapeutes, les enseignants, les éducateurs et ... tous les autres membres de la société.
Les défis auxquels les surdoués doivent faire face pour exploiter leur potentiel et conserver leur santé sont nombreux. Un des plus grands cadeaux qu'un thérapeute puisse offrir aux individus doués, talentueux et créatifs est une réelle reconnaissance d'eux-mêmes et de leurs capacités. Des professionnels prêts à apprendre sur la douance et les surdoués arriveront à réaliser ceci.

"Haut potentiel" est le terme choisi en Belgique pour recouvrir ce que l'on appelait jusqu'alors indifféremment la précocité intellectuelle, le surdouement ou la "douance" (traduction par les Canadiens du terme anglais "giftedness"; "gifted" = "doué"; "highly gifted" = "surdoué") et, au passage, élargir le domaine considéré à tous les potentiels.
S'il existe des enfants "précoces" qui perdent leur avance avec le temps, les enfants surdoués conservent leur spécificité pour devenir des adultes d'un genre un peu particulier : des adultes à haut potentiel. Qu'ils aient été détectés ou non, cette particularité va influencer leur vie dans tous ses aspects. Etudiants ou déjà entrés dans la vie active, ils seront confrontés à des choix dans lesquels leur haut potentiel va jouer un rôle prépondérant. Choix d'une orientation professionnelle, changements de direction en cours de route, leurs parcours sont rarement simples et rectilignes.
Comment fait-on pour les reconnaître ?
On décrit généralement les individus à haut potentiel comme "possédant des aptitudes nettement supérieures à la moyenne dans un ou plusieurs domaines d'habileté", intellectuel, créatif, artistique, sportif, etc. Pourtant, leur perfectionnisme, doublé d'une grande lucidité, souvent ne leur permet pas de se reconnaître dans cette définition. "Je ne me sens pas spécialement doué" est une objection fréquemment entendue.
Des études successives sur les notions de "haut potentiel", ont permis de mettre en lumière un certain nombre de caractéristiques, plus ou moins présentes chez les hauts potentiels, même si l'on ne peut pas parler de groupe homogène : chaque individu est différent.
Voyons donc ce qui les caractérise ...
Caractéristiques
Plus que l'"intelligence", difficile à définir, ce sont les caractéristiques suivantes qui dépeignent le mieux les adultes à haut potentiel :
Attention : il n'est pas indispensable qu'elles soient toutes présentes !
• Hypersensibilité, extrêmement susceptible.
• Intensité – hyper stimulabilité (niveau de réaction plus élevé aux stimuli, être "plus " tout : plus rapide, plus agité, plus attachant, plus exigeant, plus généreux, plus impatient, ...)
• Hyperesthésie ou exacerbation des cinq sens (hyperréactif aux stimuli sensoriels)
• Curiosité exceptionnelle.
• Imagination débordante, grande créativité.
• Grande capacité d’observation, note les plus petits détails.
• Intérêts très variés, saute facilement d'un domaine à l'autre.
• Peut faire plusieurs choses en même temps (suivre deux conversations en parallèle, parler et écrire, rêver et pourtant écouter, ...)
• Recherche la compagnie de personnes plus âgées.
• Capacité d’attention, persévérance : forte si l’intérêt y est; faible, voire nulle, sinon.
• Grand sens de l’humour (et humour très particulier, souvent incompris).
• Rapidement frustré s'il ne trouve pas les personnes ou les ressources pour réaliser ses grandes idées.
• Grand sens de la justice, de l’équité, moralité. Intolérance à l'injustice, pour lui et pour les autres.
• Respect des règles bien comprises ("logiques"), mais tendance à questionner l’autorité non fondée.
• Idéalisme, altruisme, compassion.
• Grande capacité de raisonnement/résolution de problèmes.
• Rapidité d’apprentissage.
• Méthode d'apprentissage particulière, surtout en math et en lecture.
• A lu très jeune et avidement.
• Vocabulaire extensif.
• Excellente mémoire.
• Bon en chiffres, puzzles, ...
Et surtout :
• Perfectionnisme, doublé d'une extrême lucidité, qui entraînent parfois le doute, la peur de l'échec.

"On ne peut pas se penser intelligent, quand on mesure ses propres faiblesses avec la lucidité aiguë du surdoué, qui ne lui permet aucun aveuglement."
Arielle Adda, dans Que sont les enfants doués devenus ?

Self-test douance
________________________________________
Traduction française du self-test de Mary Rocamora.
Ce test n'a qu'une valeur indicative; considérez toutefois que si vous vous y retrouvez à 70-80%, il y a une bonne présomption ...
________________________________________
1. Caractéristiques générales :
• Avez-vous un vocabulaire étendu ?
• Avez-vous de multiples talents ?
• Avez-vous tant d'intérêts et de capacités qu'il vous est difficile de vous focaliser sur un seul de manière satisfaisante ?
• Avez-vous un sens de l'humour un peu particulier ?
• Pouvez-vous vous occuper utilement sans stimulation extérieure ?
• Votre comportement traduit-il toujours une orientation vers un but précis ?
• Faites-vous preuve d'une évidente créativité dans toutes vos entreprises ?
• Avez-vous constamment le besoin et l'énergie de développer vos capacités ?
2. Entéléchie
Type particulier de motivation, besoin d'auto-détermination, force intérieure poussant à devenir tout ce dont on est capable. Les individus doués d'entéléchie attirent les autres, séduits par leur ouverture, leurs rêves, leurs visions. Vivre dans leur entourage donne aux autres l'espoir et la force de se réaliser. (Deirdre Lovecky, "Warts and Rainbows: Issues in the Psychotherapy of the Gifted", Advanced Development, Jan., 1990)
• Etes-vous dirigé par une vision intérieure du sens de votre vie ? Avez-vous un rêve qui consomme toute votre énergie ?
• Etes-vous particulièrement motivé à devenir tout ce dont vous êtes capable ?
• Etes-vous très impliqué dans le façonnement de votre propre destin ?
• Continuez-vous à croire en vous et en votre vision, même quand personne d'autre n'y croit ?
• Les autres sont-ils attirés par votre vision et désirent-ils y participer ?
3. Les "hyperstimulabilités" (Overexcitabilities, OEs, réactions aux stimuli), qui déterminent le potentiel de développement (Théorie de la Désintégration positive, de Kazimierz Dabrowski) :
"Les formes d'hyperstimulabilité sont particulièrement évidentes chez les individus doués et créatifs, parce qu'ils présentent une plus grande énergie, une capacité d'effort soutenu, une hyperesthésie, une grande avidité de connaissances, de découvertes, une attitude de questionnement, de quête, une imagination très vivace, une richesse d'association et une capacité de représentation détaillée et une plus grande profondeur et intensité de leur vie émotionnelle. L'on pourrait considérer ces cinq formes d'hyperstimulabilité comme le substrat de la douance et du talent créatif." (Piechowski, Silverman, Cunningham, & Falk, 1982)
A. hyperstimulabilité psychomotrice
• Etes-vous très énergique ?
• Aimez-vous l'activité physique intense et le mouvement ?
• Vous sentez-vous constamment poussé à agir ?
• Etes-vous impulsif ?
• Avez-vous des tics nerveux ?
• Etes-vous toujours actif, toujours prêt, incapable de vous détendre ?
• parlez-vous comme une mitraillette ?
• Etes-vous travaillomane ? (workaholic)
B. hyperstimulabilité sensorielle
• Etes-vous souvent ému jusqu'aux larmes par la musique ou les arts visuels ?
• Etes-vous enclin à trop manger et boire, parce que cela vous procure un plaisir intense?
• Etes-vous attiré pour les nouvelles expériences sensorielles (nourriture, musique, érotisme, changements d'environnement, ...)
• Quand vous vous souvenez d'une expérience, vous rappelez-vous aussi les aspects sensoriels ?
• le toucher, l'odeur, le goût et la vue du sexe sont-ils aussi importants pour vous que l'orgasme ?
C. hyperstimulabilité intellectuelle (à ne pas confondre avec grande intelligence, car nombre d'individus très intelligents ne goûtent pas les activités et joutes intellectuelles.)
• Remettez-vous toujours tout en question ?
• Aimez-vous explorer une large variété de théories et d'idées ?
• Etes-vous capable d'examiner des idées hors du cadre de votre propre opinion ?
• Aimez-vous la recherche, l'analyse et la pensée théorique ?
• La résolution de problèmes est-elle une source d'immense satisfaction ?
D. hyperstimulabilité imaginative :
• Ecrivez-vous, parlez-vous, pensez-vous ou rêvez-vous au sens figuré ?
• Embellissez-vous la vérité brute pour rendre la chute plus incisive ou amusante ?
• Vous exprimez-vous en démontrant une riche association d'images et d'impressions ?
• Vous divertissez-vous sans arrêt à coup de "private jokes" et de représentations visuelles ou auditives débiles ?
• Recréez-vous les événements de manière à renforcer votre vision de la vie ?
E. hyperstimulabilité émotionnelle :
• Etes-vous extrêmement sensible, avec des émotions très intenses ?
• Pouvez-vous décrire vos sentiments avec beaucoup de précision ?
• Avez-vous des attachements émotionnels très intenses aux autres ?
• Vos émotions sont-elles suffisamment profondes pour vous amener à des considérations philosophiques ?
• Eprouvez-vous des craintes ou anxiétés d'un niveau extraordinairement élevé ou souffrez-vous de dépression ?
4. Grande intelligence
"Les adultes doués sont intellectuellement différents. Ils ont une pensée plus sophistiquée, plus globale. De plus, ils ont la capacité de généraliser ... Ils peuvent saisir des concepts, des phénomènes complexes. Leur imagination, leur créativité sont souvent incompréhensibles pour l'individu moyen ... Ils sont capables de prédire les conséquences ... et anticipent des problèmes qui vraisemblablement se produiront. Les adultes doués sont aptes à distinguer le modèle de développement et de croissance et, par là-même, à reconnaître la tendance. Ceci leur permet de prédire et, par certaines actions, d'influencer la tendance" (Annemarie Roeper, "Gifted Adults: Their Characteristics and Emotions", Advanced Development, Jan. 1991)
• Etes-vous un penseur indépendant, individualiste et mentalement auto-suffisant ?
• Etes-vous un penseur divergent, avec des perpectives uniques et intéressantes ?
• Etes-vous très intuitif, avec à la fois profondeur et vision ?
• Aimez-vous les expériences liées au psychisme et aux idées métaphysiques ?
• Etes-vous excessivement curieux et investigateur ?
• Etes-vous agile verbalement ?
• Aimez-vous les discussions intenses ?
• Avez-vous une mémoire exceptionnelle ?
• Vous faites-vous rapidement une opinion ?
• Pouvez-vous manipuler mentalement d'énormes quantités de données ?
5. La quête de la vérité
"Ceux d'entre nous qui contemplent avec le coeur ne peuvent tolérer l'idée que la vie est accidentelle, sans but et sans direction. Nous sommes donc en face de deux alternatives : ériger et investir des systèmes de croyances de manière à asseoir le sens et le but ou cultiver la capacité de sentir et expérimenter la vie directement et lui permettre de nous apprendre ses secrets, en accord avec notre niveau de développement." (Mary Rocamora, director of The Rocamora School)
• Tâchez-vous de comprendre la nature et le sens de la vie ?
• Avez-vous beaucoup lu sur la nature de l'esprit ou pratiqué une méthode de méditation qui vous a aidé à expérimenter directement la nature de l'esprit ?
• Etes-vous attiré par des expériences mystiques ou spirituelles qui fourniraient la base d'une compréhension plus profonde.
• Etes-vous préoccupé par la mort et la possibilité d'une expérience post-mortem ?
• Etes-vous déterminé à apporter une contribution sensée au cours de votre vie ?
• Etes-vous très sensible à la moralité et la justice ?
6. Le "facteur autonome" (du psychologue Kazimierz Dabrowski)
" ... Le facteur autonome permet à l'individu de transcender les limitations à la fois de l'hérédité et de l'environnement à travers l'auto-détermination. Le facteur autonome est un incitant intérieur à faire des choix conscients en accord avec les principes qui nous sont les plus chers." (Linda Kreger Silverman, Institute for Advanced Development)
• Etes-vous poussé à vous réaliser et à la perfection ?
• Etes-vous particulièrement conscient de ce que vous êtes ?
• Avez-vous démontré une capacité à la transformation intrapsychique ?
• Ressentez-vous beaucoup d'empathie et de compassion pour les autres ?
• Montrez-vous un haut niveau de responsabilité et d'intégrité morale ?
7. Perfectionnisme
"Dans un monde où la santé émotionnelle est définie en termes de contentement, de faculté de se détendre, de satisfaction de soi et de la vie et d'absence de conflits intérieurs, il n'est pas étonnant que le perfectionniste soit perçu comme névrotique. Pire, les messages persistants que les perfectionnistes reçoivent au long de leur vie les convainquent qu'il doit y avoir une faille majeure dans leur personnalité qui doit être éradiquée. Ceci exacerbe grandement le conflit intérieur qu'ils doivent gérer. Non seulement ressentent-ils de la honte, de la culpabilité et un sentiment d'infériorité de ne pas rencontrer leurs propres standards; mais, de plus, ils en ressentent d'avoir ce conflit intérieur. Et c'est ici que la tension peut atteindre le seuil de la paralysie." (Linda Kreger Silverman, 1987)
• Etes-vous déterminé à faire de votre mieux à tout prix ?
• Vous sentez-vous incapable de rencontrer vos propres standards ?
• Etes-vous envahi par le doute et l'auto-critique ?
• Votre propre perfection et celle de l'oeuvre de votre vie sont-elles les forces principales qui dirigent votre existence ?
• Avez-vous le sens de votre destinée potentielle et vous sentez-vous obligé de la réaliser ?
• Avez-vous des attentes exceptionnelles et inadéquates à l'égard des autres ?
8. Introversion
"Tous les introvertis sont perfectionnistes. Tous les individus doués sont perfectionnistes en quelque chose (sauf le rangement de leur chambre). L'introverti doué est le perfectionniste au carré." (Linda Kreger Silverman)
• Préférez-vous la profondeur à la variété, vous concentrant sur une activité à la fois ?
• Etes-vous difficile à appréhender, plus impliqué dans votre monde intérieur que vous ne l'êtes avec d'autres ? Et n'avez-vous que quelques amis proches qui vous connaissent bien ?
• Etes-vous facilement humilié, gardant pour cela les autres à distance ?
• Attendez-vous d'être approché par d'autres plutôt que de vous présenter vous-même et prenez-vous le temps de les observer avant de vous engager ?
• Développez-vous vos compétences en privé, avant de montrer au monde le produit fini ?
• Avez-vous besoin de votre espace vital, respectez-vous celui des autres et éprouvez-vous du ressentiment de voir le vôtre envahi ?




9. Idéalisme
"Le développement avancé est lié à la reconnaissance et l'admiration d'un principe universel comme la justice ... et ensuite à l'évolution vers une situation où vous pratiquez la justice. Vous la pratiquez, non seulement parce que c'est bien, mais plutôt parce que vous ne pouvez pas faire autrement. Vous ne croyez pas une chose et en faites une autre; vous devenez une personne juste." (Karen C. Nelson, 1989)
"L'excellence est peut-être un idéal universel, mais peu en ont fait un objectif personnel. La poursuite de l'excellence commence par une vision ... une vision du possible. Cette vision ne visite pas tout le monde; elle choisit le terrain le plus fertile pour son développement. Quels critères utilise-t-elle ? Une capacité inhérente, sûrement. Néanmoins, il doit également y avoir une réceptivité émotionnelle, une volonté d'embrasser la vision et de se dévouer à elle. Si la faculté est là, mais la réceptivité manque, la vision flotte. Elle ne reste que chez ceux qui désirent travailler à son accomplissement." (Linda Kreger Silverman)
• Etes-vous enclin à réaliser "ce qui pourrait être" quand vous pensez à "ce qui est" ?
• Etes-vous solidement connecté à une vision intérieure et conscient que cette vision va évoluer constamment ?
• Vous sentez-vous poussé à vous préoccuper directement de problèmes sociaux douloureux, de manière à éduquer les autres à travers la compassion et le sacrifice ?
• Travaillez-vous sans relâche à améliorer le monde, en accord avec vos idéaux ?
________________________________________
Alors, ... vous reconnaissez-vous ?

Troubles associés
Réels ou supposés ?
Beaucoup d'enfants, d'adolescents et d'adultes doués sont erronément diagnostiqués comme ayant des troubles du comportement, voir des troubles mentaux. On essaie, à coup de médicaments ou de thérapies inutiles, de les faire entrer dans le moule de l'école, de l'entreprise ou de la famille, ou de rendre leur vie ou leur situation plus satisfaisante.
D'autres, par contre, ont des troubles qu'ils compensent ou camouflent grâce à leur intelligence, au point qu'on les considère simplement doués.
D'autres, enfin, souffrent de troubles très réels, mais ni eux ni les professionnels qui les traitent ne réalisent le lien entre ces troubles et leur douance.
Parfois, les caractéristiques de la douance sont mal interprétées; parfois, elles dissimulent les troubles cliniques. Dans d'autres situations, le diagnostic est correct, mais la douance doit être prise en compte dans le traitement.
Parmi les troubles ou particularités fréquemment associés, on retrouve : dépression existentielle, TDA/H, TOC, Asperger, trouble bipolaire, maniaco-dépressif, cyclothymique, borderline, schizoïde, trouble anxieux, troubles de l'apprentissage (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dysgraphie, troubles instrumentaux), spasmophilie, phobie scolaire, synesthésie, etc.
Nous essaierons dans les pages suivantes de comparer les comportements des personnes douées avec ceux de personnes souffrant d'un trouble diagnosticable, afin de distinguer ce qui est pathologique de ce qui est normal pour un individu doué. Nous verrons également quand il y a recouvrement entre la douance et un trouble particulier. Il faut également souligner que certains troubles peuvent résulter de l'inadéquation entre l'individu et son environnement et que, souvent, le diagnostic est basé sur des comportements qui agacent les parents ou les enseignants, mais pas l'enfant lui-même. A l'inverse, la personne peut réagir correctement à une situation intolérable, mais des professionnels mal informés vont tenter de faire changer l'individu, plutôt que d'adapter la situation ou l'environnement.
La plupart des termes utilisés dans les diagnostics sont issus du DSM-IV (Diagnostic and Statistical Manual, 4e édition), la bible des psychiatres, psychologues et autres thérapeutes, qui est essentiellement une liste descriptive, parfois imprécise, de symptômes; l'interprétation est laissée à la discrétion du praticien. Trop souvent, les comportements normaux des enfants et adultes doués sont considérés comme des maladies et on tente de les traiter à coup de médicaments. Et si ceux-ci améliorent le comportement, on sera amené à la conclusion erronée que le diagnostic est confirmé.
Pratiquement aucune des catégories du DSM-IV ne tient compte des caractéristiques des enfants et adultes doués. A l'inverse, de nombreuses listes de critères considèrent l'impact du fonctionnement intellectuel comme un critère d'exclusion , mais seulement dans des cas de retard mental. Les auteurs du DSM-IV semblent admettre que les capacités mentales affectent le diagnostic à un bout de la courbe, mais n'arrivent pas à reconnaître que des différences existent à l'autre bout également. Espérons que ceci sera corrigé dans une future édition du DSM-IV. En attendant, évitons autant que possible de pathologiser des comportements qui sont tout simplement normaux pour des enfants et adultes doués et talentueux.
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Troubles du déficit d'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H)
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Les listes de symptômes du TDA/H et de la douance sont très similaires. De plus, on peut être soit TDA/H, soit surdoué, mais on peut aussi être surdoué ET TDA/H.
Des spécialistes américains de la douance (James T. Webb et compagnie) estiment qu'environ 50% des surdoués diagnostiqués TDA/H ne le seraient pas réellement. La raison en est que les spécialistes du TDA/H ignorent souvent tout de la douance (qu'ils réduisent souvent à un "QI de ...").
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Ces dernières années, de plus en plus d'enfants ou d'adultes à haut potentiel sont diagnostiqués TDA/H. Cette augmentation est à la fois impressionnante et troublante et d'aucuns ont tenté de l'expliquer par une meilleure information des professionnels de l'éducation ou par une amélioration des techniques de diagnostic. Toutefois, les troubles de l'attention chez les élèves doués sont difficiles à établir avec certitude, car les caractéristiques comportementales en sont très similaires à celles associées à la douance ou à la créativité. Un enfant doué peut avoir des troubles de l'attention. Mais sans un bilan complet, incluant un examen physique par un médecin spécialiste, on ne peut l'affirmer.
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Si l'on s'en tient aux seuls critères diagnostiques du syndrome TDA/H, dans le DSM IV, chez l'enfant, l'adolescent, tous les surdoués semblent souffrir de troubles de l'attention et/ou d'hyperactivité, mais la réalité est moins simple.
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On demande souvent aux enfants doués de se conformer à un certain nombre de règles, d'adopter des comportements "acceptables" en société, bref, d'accéder à une certaine "normalité". La spontanéité, la curiosité, l'imagination, l'enthousiasme sans limite et l'émotionnalité sont découragés pour créer un environnement plus calme, plus serein, plus "contrôlé" à l'école. En conséquence, nombreux sont ceux qui sont renvoyés à un examen médical, soupçonnés qu'ils sont de TDA/H. S'ils peuvent l'être, beaucoup pourtant ne doivent leur "comportement inapproprié" qu'à la douance.
Voyons donc comment nous pouvons les différencier :
Enfant surdoué Enfant TDA/H
Les contacts avec des pairs diminuent les comportements inappropriés. Les contacts avec des pairs n'ont aucun effet sur le comportement.
Un enseignement approprié diminue les comportements inappropriés. Un enseignement approprié n'a aucun effet sur le comportement.
Un curriculum adapté diminue les comportements inappropriés. Un curriculum adapté n'a aucun effet sur le comportement.
L'enfant peut apporter une explication logique à son comportement inapproprié. L'enfant ne peut pas expliquer son comportement inapproprié.
Quand il est actif, l'enfant apprécie et garde le contrôle. L'enfant perd le contrôle.
Développer des compétences sociales appropriées a diminué les comportements "impulsifs" ou inappropriés. Développer des compétences sociales appropriées n'a pas diminué les comportements "impulsifs" ou inappropriés.
L'enfant peut apporter une explication logique (selon lui) au fait que les tâches, les activités ne soient pas achevées. L'enfant est incapable d'expliquer pourquoi les tâches, les activités ne sont pas achevées.
L'enfant présente moins de comportements inappropriés quand il est intéressé par la matière ou le projet en jeu. Le comportement de l'enfant n'est pas influencé par son intérêt pour l'activité.
L'enfant présente moins de comportements inappropriés quand la matière ou le projet en jeu semble cohérent, a du sens pour lui. Les comportements inappropriés ne diminuent pas quand la matière ou le projet en jeu semble cohérent, a du sens pour lui.
L'enfant attribue son bavardage excessif ou ses interventions au besoin de partager l'information, de montrer qu'il connaît la réponse ou de résoudre le problème immédiatement. L'enfant ne peut pas attribuer son bavardage excessif ou ses interventions au besoin d'apprendre ou de partager l'information.
L'enfant, qui paraît inattentif, peut pourtant répéter les instructions. L'enfant, qui paraît inattentif, est incapable de répéter les instructions.
L'enfant se réjouit de travailler sur différentes tâches, d'accomplir plus, d'apprendre plus. L'enfant passe de tâche en tâche sans raison apparente.
Les comportements inappropriés ne sont pas persistants, ils semblent fonction du sujet traité. Les comportements inappropriés persistent, quel que soit le sujet traité.
Les comportements inappropriés ne sont pas persistants, ils semblent fonction de l'enseignant ou du style d'enseignement. Les comportements inappropriés persistent, quel que soit l'enseignant ou le style d'enseignement.
L'enfant agit pour attirer l'attention de l'enseignant. L'enfant agit, quelle que soit l'attention qu'on lui porte.
________________________________________
• Le surdoué est naturellement très actif, il est normal pour lui de faire plusieurs choses en même temps; ce n'est pas de la distraction ou de la dissipation.
• S'il marque son opposition aux règles ineptes, il est par contre très respectueux des consignes logiques et bien comprises.
• Son manque d'attention ou de motivation ne résulte pas d'une incapacité à se concentrer, mais plutôt de l'ennui, du manque d'intérêt pour la tâche.
• Lorsqu'il est intéressé, il peut faire preuve d'une attention exceptionnelle, l"état de flow" décrit par Mihaly Csikszentmihalyi (prononcez "chicks sent me high"); inutile de tenter de le distraire à ce moment-là.
• Il peut paraître distrait, rêveur ou occupé à autre chose et malgré tout répondre aux questions qu'on lui pose.
________________________________________
Facteurs incompatibles avec ou contradictoires au diagnostic TDA/H chez l'enfant surdoué, ou qui devraient au moins vous pousser à vous interroger sur la validité du diagnostic TDA/H :
• Le déclenchement coincide avec le début de l'école.
• montre une capacité sélective à exécuter les tâches intéressantes et à s'abstenir des tâches sans intérêt.
• Montre une concentration intense et prolongée dans les tâches intéressantes et exigeantes, mais sans récompense immédiate évidente.
• Perd la notion de l'environnement quand il est plongé dans une tâche.
• Est facilement distrait quand la tâche est sans intérêt, mais essaie de ne pas déranger les autres.
• Répond après un temps, mais donne une réponse sensée.
• Echoue volontairement dans certaines tâches (routinières).
• Les réponses à brûle-pourpoint sont généralement correctes.
• N'interrompt les conversations que pour corriger les autres.
• Peut être facilement redirigé d'une activité intéressante vers une autre activité intéressante.
• Réussit les tests d'attention et peut facilement rediriger son attention s'il est motivé.
• Reprend sa tâche rapidement après avoir été distrait ou en avoir été détourné.
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L'intense activité du surdoué s'explique très simplement par l'hyperstimulabilité psychomotrice de Dabrowski, couramment envisagée comme un besoin d'activité physique et de mouvement, qui peut aussi se traduire par des difficultés à mettre en veille l'activité cérébrale pour s'endormir. Elle se reflète à travers une énergie physique débordante accompagnée de mouvements, de gestuelles, tics nerveux, logorrhée...
Voir la notion d'hyperstimulabilité.
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Liens
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TDA/H Belgique (Hyperactivité et troubles associés) Association belge qui voit des DA dans tous les distraits et des H dans tous les agités. Et tant pis pour ceux qui ne sont que HP ... Les messages postés sur leur forum et osant mettre en doute le "tout TDA/H" sont systématiquement censurés.
Vous êtes donc prévenus.
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Death From Ritalin : Tout n'est pas rose au pays du méthylphénidate ...

Trouble de la personnalité
Etat limite - Borderline
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Critères diagnostiques du trouble borderline dans le DSM IV
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Critères de diagnostic différentiel de Gunderson
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Pas mal de surdoués pourraient se reconnaître dans ces critères sans être réellement borderline pour autant. Attention donc aux "auto-diagnostics".
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En particulier si l'on s'informe sur les sites français ou belge de l'AAPEL, Association d'Aide aux Personnes avec un Etat Limite, qui donne la définition suivante :
"Les personnes avec un trouble de la personnalité borderline sont des adultes sans la moindre déficience intellectuelle mais qui sont émotionnellement perturbées et avec des comportements pouvant parfois sembler excessifs, enfantins ou immatures.
Ils ont une tendance, biologique (?), à réagir plus intensément que les autres à des niveaux de stress moindres d’une part, et à parfois mettre plus de temps pour se rétablir, d’autre part. L'on parle de dérégulation émotionnelle ou de surémotivité (personne surémotive, surémotif). Le trouble borderline c'est en gros la maladie des émotions."
En râtissant aussi large, on est à peu près sûr de rameuter tous les surdoués en mal de reconnaissance.
Et ça continue avec l'invention du terme "émophane", "manifestation des émotions" ou vision "positive" du trouble borderline :
Quelles sont les traits de caractères d'une personne émophane (ou de l'émophanie)
De ma propre expérience, les personnes qui souffrent d'un trouble borderline ont (au moins au fond d'elles-mêmes) quasi tous les traits de caractères suivants:
ATTENTION: La question n'est pas fonction des conséquences éventuellement négatives d'un trait de caractère (c'est pas toujours la "joie" d'être hypersensible), ni même d'une éventuelle incapacité à le mettre en oeuvre du fait du trouble, du déni ou d'une dépression. Je peux par exemple être très sensible au fond de moi mais pour autant me montrer froid comme le marbre... il n'empêche que la sensibilité fait partie de mes traits de caractère
# Altruisme (tendance naturelle à aimer et à aider son prochain)
# Autodérision (capacité à se moquer de soi-même)
# Bon fond
# Créativité
# Curiosité (désir de comprendre, de connaitre, de s'instruire)
# Empathie (capacité à se mettre à la place d'une personne et de ressentir ce qu'elle pense)(par ex: si je vois une personne qui souffre, je vais me mettre à ressentir sa souffrance)
# Enthousiasme (Forte émotion se traduisant par de grandes démonstrations de joie)
# Exigence de soi
# Force de caractère (par ex: supporter des choses que beaucoup ne supporteraient pas bien longtemps)
# Générosité (disposition à donner sans compter)
# Modestie (absence de vanité, d'orgueil)
# Naïveté ("innocence de l'enfant")
# Ouverture d'esprit ("facilité à comprendre et à admettre des idées et opinions qui sont nouvelles ou inhabituelles")
# Probité ("Droiture, intégrité, honnêteté, justice au sens 'moral' ")
# Remise en question ("capacité à envisager que ses hypothèses ou croyances sont potentiellement erronées")
# Sensibilité
Chacun y reconnaîtra les qualités qu'on attribue généralement aux surdoués.
Inutile de vous précipiter donc : vous n'êtes peut-être que surdoué ...
L'intelligence est un double mal : elle fait souffrir et personne ne songe à la considérer comme une maladie. [Martin Page] Extrait de Comment je suis devenu stupide.
GAPPESM
Groupement Associatif de Protection des Personnes Encombrées de Surefficience Mentale
Association déclarée sous le N° 0302020677, loi 1901
Ressources
Arielle Adda

Posté par cat, 23 avril 2007 à 21:35

remerciements

merci d'expliquer avec autant de sensibilité et de vérité ce que peut vivre un enfant précoce. Existe t il des écoles spéciales pour ces enfants ? Grâce à votre descriptif, j'ai pu m'apercevoir que je fais partie des ces personnes et malheureusement, je n'ai jamais été reconnu. Je porte encore les marques de cette souffrance comme un boulet. Aujourd'hui, je le revis avec mon fils, j'ai décelé naturellement chez lui ce potentiel dès l'âge de deux ans et pour être sûr je l'ai emmené voir une personne spécialisée pour les enfants précoces à l'âge de 8 ans. Le résultat du test fut un QI DE 155; Imaginez ce que j'ai pu ressentir sur l'instant, le déssaroi, un terrible sentiment d'isolement. Chaque jour qui passe je lis la souffrance de mon fils lorsqu'il quitte l'école, c'est insupportable ! Je me sents seule et incomprise et je pense que malgré tout la compréhension que je peux lui apporter et mon soutien ma solitude est la sienne...car l'éducation nationale a fait la sourde d'oreille ! au vue du test ! et a eu une attitude de mépris ! Je crois vraiment ne pas être faite pour cette société dans laquelle je vis !!

Posté par lisam, 15 mai 2007 à 00:55

que du bonheur !

bonsoir,

Je voudrais vous dire combien les lectures que j'ai pu lire dans votre site m'ont apporté du bonheur, des émotions et oui tjrs des émotions! de la sensibilité moi qui suis attiente de bipolarité mais qui n'en suis pas moins plus imbéciles que certains qui ne connaissent pas cette pathologie ! alors pour moi; avoir cette S... est un atout, il faut bien que je le reconnaisse -

cordialement,
Chantal Alvine

Posté par LANNE, 13 octobre 2007 à 21:46

Bonjour,

notre tout récent forum privé est ouvert aux adultes confrontés à certains défis inhérents à leur douance. Peut-être peut-il constituer une réponse à votre "demande d'aide"...

http://logos.positifforum.com

Notre "profession de foi" :

"Nous sommes ici pour discuter, échanger, partager. Avec ouverture, tolérance et respect des pensées et sensibilités de chacun.

Nous sommes ici pour nous stimuler positivement dans nos défis et non pour cultiver une certaine complaisance de nos travers.

Nous sommes ici aussi pour être "à l'écoute" d'un semblable s'il le faut. Disponibilité émotionnelle qui, nous l'espérons, sera avec le temps facilité par une pluralité des membres actifs."

Belle continuation à vous et merci pour votre blog

Cordialement
LouAnne

Posté par LouAnne, 14 janvier 2008 à 19:01

besoin d'aide

Bonjour,

J'ai lu le contenu de ce blog avec grand intérêt.
J'ai pu noter un nombre impressionnant de points communs.J'ai 28 ans et je suis dans une situation intérieure très difficile depuis quelques années. L'année dernière j'ai arpenté tous les médecins pensant que c'était une maladie qui pouvait expliquer mon problème. En fait il s'est avéré qu'il s'agissait de somatisations importantes ( je suis spasmophile, mon corps réagit à nombreuses situations, fréquenter des personnes égocentriques par exemple me crée des oppressions respiratoires, c fou mais c'es vrai). Et pire, cela fait 10 ans que j'ai eu mon bac et je n'ai toujours pas trouvé ma voie professionnelle. je suis affligée. Je commence des trucs et ne finit rien. Je n'arrive plus à faire le moindre choix car je sais que ça implique de renoncer à tous les autres alors je finis par ne plus rien faire. La je me suis inscrite dans un IUFM, j'avais énormément travaillé et au premier stage ( confrontation au concret), j'ai perdu toute ma motivation. Dans mon enfance j'ai rencontré des difficultés scolaire liées au fait que je ne parlais pas ( j'ai d'ailleurs été suivi par un psy et je me demande toujours à quoi ça servait). Je me suis toujours senti inadaptée au monde, depuis le primaire j'écoute du classique, je pense constamment sous forme de symboles et j'excelle dans l'analyse de trucs abstraits assez pointus ( mes amis me prennent gentiment pour une folle dingue). Le seul truc qui me stimulait était mes cours de guitare classique ( j'en ai fait 7 ans et cela ne plaisait pas à grand monde, ma prof de math de 3ième m'avait même conseillé d'arrêter, histoire que je m'améliore en math, j'ai toujours trouvé ça louche).J'écris un livre depuis 2ans mais suis tellement perfectionniste que je désespère d'en voir la fin.
Quelqu'un pourrait-il m'aider? J'ai vraiment l'impression de passer à coté de ma vie et me sens frustrée au plus haut point. J'ai peur de ne jamais réussir à trouver ma voie. On a pourtant tous une voie sur terre...

Posté par marylou1980, 04 novembre 2008 à 13:58

Adresses pour accompagnement

Bonjour,
je viens de tomber par hasard sur votre blog, et votre première question.
Je suis moi-même psychologue, avec une bonne connaissance de cette problématique (un livre, et un site sur ce sujet).
N'hésitez pas à me poser vos questions.
(www.penser-autrement.net
www.aller-bien.fr)

Amicalement,
Béatrice Millêtre

Posté par Béatrice, 02 décembre 2008 à 16:36

Adresses pour accompagnement

Bonjour,
je viens de tomber par hasard sur votre blog, et votre première question.
Je suis moi-même psychologue, avec une bonne connaissance de cette problématique (un livre, et un site sur ce sujet).
N'hésitez pas à me poser vos questions.
(www.penser-autrement.net
www.aller-bien.fr)

Amicalement,
Béatrice Millêtre

Posté par Béatrice, 02 décembre 2008 à 16:36

adresse alternative pour accompagnement

Bonjour,
je repasse ici de temps en temps, j'avais en 2006, sous le pseudo d'Angel, laissé l'adresse de mon site pour ceux et celles qui recherchaient de l'aide, à la demande de egoornot.

Cette nouvelle visite me permet de réactualiser le lien. J'accompagne des adultes principalement, jeunes et moins jeunes mais aussi des ados en difficulté, depuis près de 6 ans maintenant.
7 sur 10 sont surdoués, précoces, HP, le terme idoine n'existe pas vraiment....
Bien évidemment, leur problématique m'est très familière, puisqu'elle me colle à la peau, mais j'ai appris à tirer plus vite que mon ombre... ;-)

http://www.cbp-presence.com

Posté par CathBesnardPéron, 11 décembre 2008 à 20:49

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